«Il a fallu récrire les poèmes de mon adolescence». C’est ainsi que commence Crevures de Stéphane Montavon, auteur résidant à Bâle qui arpente dans ce livre les cimes de son Jura natal, cimes de l’adolescence et de ses montagnes russes, cimes des paradis artificiels, crêtes d’une langue aussi rugueuse et enjôleuse que le terroir dont elle provient, «ce losange helvète fripé colinard». Récrire, c’est alors à la fois réécrire et récrier, recréer et récuser. C’est tout cela qui est à l’œuvre dans ce recueil de proses poétiques, des nouvelles déliées laissant résonner un patois goulu et imagé, où se déploie une inventivité verbale jubilatoire.