Luisa Campanile, née en 1973 à Sion, italienne et suisse, comédienne, publie son premier livre de poèmes. Comme si elle explorait des rêves ondoyants, parfois violents, l’auteure nous entraîne dans une suite de poèmes ciselés, d’un hermétisme nécessaire et fécond. Nombre d’images sont à peine métaphoriques et donnent accès à une réalité poétique directe, puissante et peu convenue. Entre la naissance et la mort, l’eau charrie l’acquiescement, la colère, l’étonnement, le découragement et le renouvellement d’une foi en la vie, en la force des mots, en la force du désir lui-même, nu, lavé de toutes les conditions qui le limitent et qu’elle assume résolument : « Je termine de dire/Je ne tue pas les possibilités/Je choisis le meilleur pour la part de silence/Je ne crains pas la petitesse ». Ce petit livre dense, au style très musical, tiraillé par des disharmonies qui lui donnent un caractère très vivant, est paradoxalement très fluide : un désir d’inconnu, fragile, traversé par des rythmes inentendus, jaillit où on ne l’attendait pas, toujours reconduit avec ténacité.
(Françoise Delorme, Viceversa Littérature 5, 2011)