Fantômes

sur Fantômes de Jérôme Meizoz, Zivo

L’écrivain et sociologue Jérôme Meizoz continue à interroger l’histoire intime et collective dans ce recueil d’une grande densité textuelle, tout en pudeur et ellipses. Les lavis du peintre Zivo dialoguent bellement avec le texte, en soulignent l’inquiétude et la tendresse retenue. La première scène montre un cortège de mardi gras mêlant morts et (sur)vivants dans un canton du Valais réel et métaphorisé. L’auteur n’y vit plus, mais sa prose s’y nourrit, s’y forme dans un mouvement de questionnement – sur le poids des traditions par exemple – et de reconnaissance, notamment à la mère trop tôt disparue et au père, auquel rendait aussi hommage Père et passe (en bas/Le temps qu’il fait, 2008). Le silence entourant les tragédies familiales est ressaisi avec délicatesse et Jérôme Meizoz parvient à comme toucher de nouveau son état d’enfant. Il use par ailleurs de son regard de sociologue, en restant toujours à hauteur d’homme, et dépeint alors une société patriarcale, apeurée par « l’alentour », le péché et l’émancipation à venir des femmes.

(Elisabeth Vust, Viceversa Littérature 5, 2011)

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