La Veuve du Christ

sur La Veuve du Christ d’Anne-Sylvie Sprenger

Après les dérives existentielles de Vorace (Fayard, 2007) et de Sale fille (Fayard, 2008), où le glauque et la jubilation formaient une danse macabre, Anne-Sylvie Sprenger continue son exploration du bien et du mal avec La Veuve du Christ. Ce récit se démarque des précédents par son changement de ton, moins cru, moins outré dans le choquant, quand bien même le sujet dérange. Le scénario s’inspire de l’affaire Natascha Kampusch, jeune Autrichienne séquestrée pendant huit ans dans une cave. Ce cas emblématique du syndrome de Stockholm est transposé ici à la Vallée de Joux, avec Lena Rochat prisonnière du pharmacien Victor Julius Lehmann de Calberère. Très vite, le bourreau apparaît moins comme un monstre que comme un homme-enfant, un loup au cœur de brebis, égaré dans une foi folle de Dieu. La romancière vaudoise questionne ainsi la relation victime-bourreau dans ses ambiguïtés et contradictions. Hormis certaines boiteries narratives et facilités verbales, son récit captive à travers une écriture implacable, tirée au cordeau.

(Elisabeth Vust, Viceversa Littérature 5, 2011)

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