L'Enfant de Chine

sur L'Enfant de Chine de Luc Jorand

Luc Jorand a grandi à Paris, puis passé de nombreuses années en Chine. Aujourd’hui établi à Genève, il publie son premier récit. L’Enfant de Chine met en scène, à la troisième personne, un Occidental venu chercher en Chine une vie nouvelle. Mais l’homme a finalement refusé de se mêler à la société chinoise. L’autoexclusion devient sa caractéristique fondamentale. Dans le paysage hivernal interminable d’une Pékin sans magnificence, dans des lumières toujours crépusculaires ou nocturnes, une seule obsession lui sert de boussole : l’amour à la fois pur et malsain que lui inspire Nigel, enfant d’une famille américaine expatriée. Il l’observe en silence, le suit, se terre de nuit sur le palier de son appartement, convaincu – et le narrateur avec lui – de la beauté de son dévouement. Le spectre de la pédophilie est présent, encore que jamais explicite, dans ce livre qui fait penser, mutatis mutandis, à Mort à Venise de Visconti. Dans une seconde section, diurne et estivale, le contact a été établi entre la famille et le protagoniste. Moins tendue, cette partie semble incapable de réinventer un style à sa mesure, alors que le rythme des phrases fonctionnait parfaitement au début du livre. Mais le sentiment d’aliénation reste intact : la Chine demeure incompréhensible, Nigel et sa famille tout autant.

(Francesco Biamonte, Viceversa Littérature 5, 2011)

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