À celui qui fut pendu par les pieds
Par : Laurent Cennamo
- La Dogana, Chêne-Bourg, 2014
À celui qui fut pendu par les pieds semble obéir à l'une des règles de la poésie japonaise: «s'éveiller au sublime, retourner au vulgaire». On y découvre peu à peu une expérience sensible hors du commun, qui elle-même se divise en souvenirs très ordinaires et impressions presque irréelles d'être si belles. Elle est réveillée sans cesse par des références culturelles et esthétiques qui donnent à l'ensemble une structure puissante. L'expression d'une intense solitude, y diffuse une douleur qui se partage en deux mouvements contraires, celle d'exister et celle de désirer une intangible durée. La capture d'une vie morcelée par des ratages successifs, mais illuminée de rencontres et d'échappées inespérées, donne à ces poèmes une texture à la fois fragile et résistante, une force vraiment convaincante.