Das alte Haus. La chasa veglia
Par : Oscar Peer
- Limmat, Zürich, 2010
Dans son récit bilingue - conçu en allemand et rhéto-roman par l'auteur - le grisonnais Oscar Peer décrit la maladie sous la santé apparente du monde alpin. Le père de Chasper Fluris est mis en terre, le fils hérite de ses dettes qu'il ne peut pas rembourser. Alors qu'il essaie désespérément d'emprunter de l'argent pour conserver la maison familiale, le président communal Lemm contrecarre ses plans. Il s'est rendu compte que la vielle maison pouvait être vendue avec un profit. Chasper se rebiffe, mais personne ne veut ou ne peut l'aider, et il s'isole de plus en plus de la communauté villageoise. Ce processus est imperceptible. Il ne dégénère en conflit ouvert qu'à une seule occasion quand Lemm et Chasper en viennent aux mains. Ce dernier a beau l'emporter, cela ne lui porte pas chance. Le bonheur n'est pour lui que souvenir: il se remémore sa famille, jadis, quand mère vivait encore et que son frère Domenic n'était pas porté disparu. Ou alors Johana qu'il serrait dans ses bras entre les bottes de paille, il y a des années.
Oscar Peer raconte cette modeste histoire campagnarde avec une sobre exactitude. Les sentiments contradictoires se traduisent toujours par des actes, les personnages sont prisonniers de leur horizon intérieur. Cet accent de simplicité renforce l'intensité du récit et sa crédibilité: une profondeur existentielle. Pour finir, Chasper n'a pas d'autre choix que de couper tous les ponts derrière lui. (bm)