Je sais juste que mon père a de grosses mains / Le Rire des moutons / Mon voyage en Italie

Par : Francesco Micieli, Traduction : Christian Viredaz

Dans la belle traduction de Christian Viredaz, ce livre réunit trois œuvres publiées de 1986 à 1996. La première relate à travers le regard d’un petit garçon appartenant à la minorité albanophone en Italie la difficulté d’être arraché à sa langue, à son territoire pour partir en Suisse allemande. Dans la deuxième, c'est la mère qui parle, ou plutôt l'écrivain, à sa place. S'y révèle une violence supplémentaire, celle faite aux femmes. Dans la dernière, l’écrivain, accompagné de son père, retourne au village italien pour enterrer sa mère. La violence économico-politique et la difficulté d’exister se conjuguent à travers cette trilogie forte, qui touche juste. En désignant la condition d'exilé, elle pointe aussi celle de l'écrivain qui doit toujours, pour la réinventer et l'habiter, vivre sa langue comme étrangère. (fd)

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