L'oblio sotto la pianta
Par : Massimo Daviddi
- Casagrande, Bellinzona, 2005
Avec ce deuxième recueil, Massimo Daviddi prend place dans une famille de poètes tessinois et lombards: dans le sillage d'un Fabio Pusterla ou d'un Umberto Fiori, il y offre une poésie humaniste, ancrée dans le quotidien, plutôt urbaine, et qui relève d'une implication dans la communauté; elle est peu intéressée à l'expérimentation formelle, sans pour autant se caler dans les formes traditionnelles. Daviddi, en l'occurrence, reconnaît cette parenté, sans l'avoir cherchée, simplement par affinité, notamment avec Pusterla. Dans ce livre, Daviddi interroge le mal. C'est ce qui donne sa cohérence au recueil. Mais pour le journaliste Pietro Montorfani, c'est aussi sa limite, dans la mesure où cette interrogation lui semble moins découler d'une nécessité intérieure que d'un projet littéraire un peu trop pensé - lors même que Montorfani reconnaît le talent et la qualité de style de Daviddi. Pierre Lepori, qui a beaucoup aimé ce livre, demande d'ailleurs lui aussi à l'auteur comment l'on peut être sûr de ne pas tomber dans une forme de narcissime lorsque l'on cherche à écrire une poésie engagée, qui soit à tout prix du côté du "bien". A quoi Daviddi répond que lorsqu'il écrit un poème autour d'un fait divers terrible, comme cela se produit parfois, il le fait non pas dans une visée politique, mais en partant du souvenir, de la marque que ce fait divers a laissé dans sa perception.