Poèmes de jeunesse

Par : Giorgio Orelli, Traduction : Christian Viredaz

Le petit volume anthologique consacré par Christian Viredaz à Giorgio Orelli permet de retraverser agilement la première période de l'activité poétique de l'auteur - le seul écrivain Suisse d'expression italienne qui jouisse de la pleine reconnaissance de son oeuvre parmi les poètes italiens "officiels" de la seconde moitié du XXè siècle. On mentionnera pour preuve de cette reconnaissance sa prise en compte dans l'anthologie Poeti italiani 1945-1995, éditée par Cucchi et Giovanardi en 1996 chez Mondadori, ou sa présence significative dans le choix critique de Giancarlo Majorino (Poesie e realtà 1945-2000, Milano, M. Tropea, 2000), qui apprécie en Orelli aussi bien le critique littéraire que le poète, et encore dans la plus récente anthologie Dopo la lirica. Poeti italiani 1960-2000, éditée par E. Testa (Torino, Einaudi, 2005). Dans toutes ces anthologies, c'est surtout la "maturité" d'Orelli qui est mise en valeur à travers ses poèmes des années '70-'80: on y souligne son plurilinguisme, son attachement à la "vie vécue", au poème-récit, son engagement civique, la forme en vers longs. L'Orelli des débuts, adepte de vers plus courts, reste dans l'ombre de l'arrière-boutique. Attaché, dans la tradition d'un Pascoli, au cercle familier (le "cerchio familiare" qui figure dans le titre de son recueil de 1960), aux stupeurs privées, le poète glisse en permanence dans sa poésie des références savantes à la manière de Montale, des citations qui renvoient à la tradition poétique italienne ancienne et moderne.

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