Un eterno imperfetto

Par : Giovanni Orelli

Un eterno imperfetto ("Un éternel imparfait"), dernier recueil paru de Giovanni Orelli, est subdivisé en 6 parties dont les noms renvoient tous à la grammaire. Orelli estime en effet avoir tenté de faire entrer le monde contemporain dans la grammaire, un peu comme Virgile avait fait entrer le monde de son temps dans l'univers bucolique (dans le sens des vers "Eternel, L'imparfait / ne l'est que chez Flaubert, ou bien dans les grammaires, / mais dans la vie: non pas"). Dans des réponses pour le moins brèves et ouvertes, voire évasives, aux questions exigentes de Yari Bernasconi (ci-dessous), le poète tessinois explique en outre sa manière de citer en revendiquant sa longue et intense fréquentation de la littérature, et commente l'aspect ludique de sa poésie en faisant référence à Aristophane et Dürrenmatt, qui ont opposé au mythe le paradoxe, en sachant donner une dimension universelle aux contradictions qu'ils mettaient en scène. Mais le caractère particulièrement cultivé des écrits et aussi bien des réponses d'Orelli ne l'empêche nullement de manifester sa préférence pour les auteurs qui font entrer le réel dans la littérature (Aristophane, Virgile, Dante, Dürrenmatt, Flaubert, Baudelaire pour s'en tenir à cet entretien), et de prendre au contraire ses distances de ceux qui cherchent à abstraire la littérature du réel, à l'instar d'un Mallarmé.

Un eterno imperfetto