Vierzig Rosen

Par : Thomas Hürlimann

Chaque année, le 29 août, l'on sonne à la porte de Marie: ce sont des fleurs que lui fait parvenir son mari pour son anniversaire. Depuis plusieurs années, ce sont quarante roses, qui tentent comme un compliment de masquer l'avancée de l'âge. Max était tombé amoureux de Marie parce qu'il avait reconnu en elle la «First Lady» née pour servir ses ambitions politiques. Elle ne l'avait pas déçu: Max gouvernait – et Marie aplanissait pour lui le chemin du pouvoir. Elle était pour lui le parti idéal, même s'il ne s'en apercevait guère, absorbé par lui-même, et prompt à s'attribuer le fruit des mérites de son épouse.
Dans son dernier roman, Thomas Hürlimann joue une fois de plus en virtuose avec des motifs autobiographiques, et une fois encore il les varie avec subtilité, de sorte qu'il ne se répète pas. Hürlimann ne livre pas de vérité univoque, mais joue avec les possibles, au coeur desquels la «vraie vérité» se love. Tout cela avec une grande maestria stylistique, et un éblouissant sens du leitmotiv et de la composition. Vierzig Rosen est le pendant plein de grâce d'un autre roman, bien plus dur celui-là, Der grosse Kater (1998), Vierzig Rosen est un portrait littéraire fascinant de la mère de l'auteur.

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