Denis de Rougemont

Fils de pasteur, Denis de Rougemont (1906-1985), écrivain et essayiste, naît dans le Jura à Couvet. Licencié ès lettres de l’université de Neuchâtel, il s’établit à Paris en 1930 où il assure la direction littéraire des Éditions «Je Sers», et s’engage dans les mouvements personnalistes. Cofondateur des revues Esprit, L’Ordre Nouveau, et Hic et Nunc (de tendance barthienne), il collabore à la NRF où il dirige en 1932 le «Cahier de revendications» de la jeunesse française. Les années 1933-1935 sont marquées par une période de «chômage intellectuel» en province. Il devient ensuite lecteur à l’université de Francfort (1935-1936), puis rédacteur en chef des Nouveaux Cahiers (1937-1939), et revient en Suisse en 1939 où il est mobilisé, fonde la Ligue du Gothard, l’une des premières manifestations de l’esprit de résistance européen, dont il rédige le Manifeste. À la suite d’un article célèbre sur l’entrée d’Hitler à Paris, il est envoyé en 1940 par le gouvernement helvétique aux États-Unis pour y donner des conférences sur son pays. Il sera professeur à l’École Libre des Hautes Études (1942), puis rédacteur à l’Office of War Information, «La Voix de l’Amérique parle aux Français», avant de revenir en Europe où il milite dans les mouvements fédéralistes européens. Rédacteur du Rapport culturel du Congrès de l’Europe et du Message final aux Européens (La Haye 1948), il fonde et dirige à Genève le Centre Européen de la Culture (dès 1950), d’où sont issues de nombreuses institutions européennes, préside le Congrès pour la Liberté de la Culture (1952-1966). Membre-fondateur du Groupe de Bellerive (1977), organe de réflexion sur les orientations de la société industrielle et auteur de travaux pionniers sur des dangers du nucléaire, il crée en 1978 la revue Cadmos. Denis de Rougemont meurt à Genève le 6 décembre 1985.