Pour une histoire des textes LGBTQIA+ de Suisse romande
Retour sur le lancement d’une recherche indépendante
Les œuvres et les auteurices LGBTQIA+ de Suisse romande sont peu visibles, et même invisibles avant l’an 2000. Une équipe de recherche, formée de Guy Chevalley, Nathalie Garbely et Edward Mandry, qui sont respectivement auteur et éditeur, poète et traductrice, historien de l’art et écrivain, s’est donné pour but de les sortir de l’ombre, avec un projet en plusieurs phases qui se conclura par la rédaction d’un essai, à paraître fin 2027 chez Paulette éditrice.
Cet article est aussi publié dans le numéro 20 de la revue viceversa, disponible en librairie dès le 5 novembre, ou par abonnement. Découvrez le nouveau concept de la revue et sa nouvelle ligne graphique !
Où sont les livres LGBTQIA+ suisses romands ? Qui sont les autrices lesbiennes vaudoises ? Existe-t-il des représentations littéraires trans ? Il est généralement difficile de trouver des réponses avant l’an 2000. Non qu’il n’y ait pas de contenus à évoquer, mais ceux-ci ont été oubliés, ignorés, niés ou mal compris. Par volonté et besoin de sortir cet héritage littéraire du placard, nous avons lancé un projet de recherche indépendant afin de publier une Histoire de la littérature queer en Suisse romande. Retour sur sa genèse.
Un constat et ses suites
En 2022 est paru un ouvrage collectif intitulé Écrire à l’encre violette. Littératures lesbiennes en France de 1900 à nos jours, aux éditions Le Cavalier Bleu[1]. Il propose une synthèse du savoir accumulé sur le sujet, des textes lesbiens Belle Époque aux œuvres queers les plus contemporaines. Un tel ouvrage n’a pas d’équivalent en Suisse romande, où aucun travail d’étude sérieux n’a été entamé sur la littérature lesbienne ou gay, ni sur les autres lettres de l’acronyme LGBTQIA+. Il n’existe aucune monographie thématique, aucune recherche scientifique de fond, à peine quelques articles épars[2]. C’est l’ensemble des œuvres et auteurices « concerné·e·x·s », c’est-à-dire identifiables comme queers (excusez l’anachronisme), qui sont peu visibles, et pour ainsi dire invisibles avant l’an 2000, époque de changements sociétaux majeurs. Rappelons que l’Organisation mondiale de la santé n’a retiré l’homosexualité de sa liste des maladies mentales qu’en 1990.
Nous qui signons cet article, nous avions du mal à citer des titres il y a encore deux ans, malgré nos identités gay, lesbienne et trans, malgré notre intérêt pour la littérature et notre formation universitaire en Suisse. Ce constat a fait surgir nombre d’interrogations sur le milieu du livre, nourri un premier panorama sur les représentations lesbiennes au XXe siècle[3] et suscité des envies de lecture. De cet élan est né le projet d’écrire l’ouvrage manquant. Celui-ci ne pourra prétendre à l’exhaustivité car, contrairement au titre français cité, il ne se retourne pas pour apprécier le chemin parcouru ; il défriche et ouvre une voie collective. Notre but est qu’il entraîne d’autres études plus ciblées, des approches renouvelées, des corpus enrichis et des résultats plus représentatifs.
Il revient au milieu académique d’expliquer pourquoi il a délaissé ce sujet. Pour notre part, nous relevons que la littérature et la recherche sont des champs de pouvoir socialement construits. Elles ne peuvent s’extraire du monde, elles en reflètent les espoirs et les actes autant que les impasses et les tabous. La société ouest-européenne a progressé, mais la Suisse n’avance qu’à petits pas, malgré des mesures importantes[4]. Les données de terrain montrent que les personnes LGBTQIA+ continuent de connaître un risque plus élevé de suicide, de dépression, d’agression, d’addiction[5]. Leur vécu reste mal connu des institutions et des personnes « non concernées » par les identités queers. Dans les métiers du livre, cette méconnaissance existe aussi, par exemple –nous allons le voir maintenant – en bibliothèque et dans les histoires de la littérature.
Un livre mal rangé est un livre perdu
Les bibliothèques revendiquent une forme de neutralité[6]. Parmi leurs missions figurent l’accueil de tous les publics et la réponse aux intérêts particuliers de ceux-ci, sans distinction. Un petit tour dans les catalogues en ligne en nuance quelque peu la portée. Si on entre « roman lesbien suisse » dans le moteur de recherche des Bibliothèques municipales de Genève, quatre notices s’affichent, sans lien direct avec le sujet. À titre de comparaison, avec « roman policier suisse », on obtient 471 résultats.
En introduction à une table ronde intitulée « Mémoires queers : luttes et pratiques du souvenir », le 3 octobre 2024, Frédéric Sardet, directeur de la Bibliothèque de Genève (BGE), admettait qu’il n’était pas évident de trouver de l’information dans ce domaine, car le système de référencement est lacunaire. Il faudrait donc savoir ce que l’on cherche pour le trouver, les mots-clés n’apportant pas de réponse satisfaisante. Autrement dit, seul·e·x·s les spécialistes peuvent accéder à ces contenus.
Faut-il apposer des autocollants sur les ouvrages afin de permettre un repérage des exemplaires disposés en libre accès ? La discussion a été lancée par plusieurs bibliothèques romandes. Outre le fait que cela ne résout pas le problème du catalogage, des équipes semblent mal à l’aise avec cette idée : la pratique ne reviendrait-elle pas à « stigmatiser » certains ouvrages, au risque qu’ils ne soient pas empruntés ou soient réduits à ces étiquettes-là ? Qui les choisirait et comment ? Peut-on admettre que Proust, par exemple, arbore une gommette arc-en-ciel ?
Ces questions renvoient bibliothèques et bibliothécaires à leur principe de neutralité. Responsable de la médiation culturelle à la Bibliothèque municipale de Vevey, Mylène Badoux estimait, lors d’une table ronde suivant la projection du documentaire The Librarians au Cinématographe, le 19 janvier 2026, que les thèmes LGBTQIA+, plus que d’autres formes de discrimination comme le sexisme et le racisme, ont fait « exploser la question » dans la pratique professionnelle.Sous l’impulsion de Badoux, la Bibliothèque de Vevey a entrepris un travail participatif sur ces enjeux (accueil des publics, acquisitions, animations…) et elle se déclare maintenant « bibliothèque alliée »[7], en affirmant un soutien clair à la communauté queer.
D’autres institutions – en particulier la bibliothèque Filigrane, à Genève, et la fondation Bibliomedia, à l’échelle romande – se sont engagées. Mais certaines, intéressées par la démarche, ont renoncé face à l’inertie et aux pressions de leur hiérarchie, notamment politiques, ou aux clivages internes. Dans un tel cas, la neutralité sert à défendre le statu quo. C’est pourtant en montrant qu’elles prennent conscience des discriminations systémiques et qu’elles adaptent leur fonctionnement pour y répondre que les bibliothèques envoient un signal décisif à des publics historiquement marginalisés[8].
Un silence aux multiples formes
Avant de considérer l’accessibilité des ouvrages LGBTQIA+ en bibliothèque, il faut se demander comment ceux-ci sont produits et reçus. La question de la réception, par exemple, est riche d’enseignements. Faute de références lors d’une recherche en bibliothèque, faute d’ouvrages thématiques consacrés au sujet, que peuvent nous apprendre les volumes généraux portant sur la littérature romande ?
La nouvelle édition de l’Histoire de la littérature en Suisse romande passe pour la somme la plus aboutie[9]. Dans ce livre de 1728 pages, auquel nombre d’universitaires ont contribué, les éléments liés aux identités LGBTQIA+ sont rares et souvent problématiques. Le chapitre « Littérature et politique » n’en dit rien. Dans le chapitre « Écriture du corps et érotisme », on lit qu’Anne-Lise Grobéty (1949–2019) « ose briser le tabou de l’homosexualité féminine »[10] avec Pour mourir en février (Cahiers de la Renaissance vaudoise, 1970). Le désir réciproque entre les deux héroïnes est pourtant passé sous silence dans le chapitre suivant : le roman y est présenté comme « la mise en récit de leur amitié »[11]. Quant à l’homosexualité masculine, elle est traitée comme une altérité irrémédiable et une forme de marginalité, s’agissant des quelques auteurs mentionnés. S’il est question, par exemple, de la « double singularité de poète et d’homosexuel » de Pierre-Louis Matthey (1893–1970)[12], celle-ci n’est jamais analysée dans son contexte biographique et social, ce qui aurait offert une pleine compréhension de ses textes.
Le cas d’Edmond-Henri Crisinel (1897–1948) est révélateur du processus d’effacement dans l’histoire littéraire. Le Vaudois a été reconnu pour Alectone, dès sa publication en 1944. Ce très court texte poétique a pour narrateur un homme séjournant à l’hôpital psychiatrique ; sa mère lui offre des « violettes un peu fanées », couleur symbolisant l’homosexualité, qui est aussi celle de sa robe de chambre… Après plusieurs dépressions, Crisinel s’est suicidé face à l’impossibilité d’accorder son désir homosexuel avec ses principes protestants. Sa condition était connue de ses amis, engagés en littérature, et de ses exégètes. Dès 1954[13] et jusqu’au XXIe siècle, on évoque sa « différence », sa condition de « poète maudit ». Il faut attendre 2022 pour qu’Éric Bulliard ose le mot fatidique – homosexualité –, lisant la crise morale du poète et la chute qui en découle pour ce qu’elles sont[14].
Quant aux autres ouvrages sur l’histoire de la littérature romande que nous avons consultés, le thème n’y figure pas. Cela n’a rien d’étonnant, pas plus que les errements du volume de 2015 : les universitaires n’ont rien à en dire, faute d’avoir étudié le sujet ou su l’appréhender avec un regard approprié. Des travaux de mémoire ou de thèse existent, mais leur approche, mal encadrée, pose parfois problème. En témoigne le volume de Brooks La Chance, issu d’une thèse : Jacques Mercanton. Voix de l’Europe secrète, paru en 2010 dans la collection réputée « Le Savoir suisse ». Le recours à la psychanalyse comme grille de lecture conduit La Chance à des propos aberrants sur « l’origine de l’homosexualité de l’auteur » (!)[15]. Avec, en prime, une inconscience de l’audace dont Mercanton fait preuve en proposant des personnages homosexuels dans un contexte romand où ils sont alors quasiment inexistants.
Savoir lire
Catalogages lacunaires, anthologies oublieuses, propos déplacés… Il y a fort à faire pour déjouer les normes qui structurent le champ littéraire. Pour y parvenir, nous privilégions une approche « à l’oblique »[16], inspirée des queer studies. Cette exigence intellectuelle, piquée de curiosité et d’un peu d’irrévérence, vise à « lire entre les lignes »ou « à l’aide de lunettes arc-en-ciel ».
À commencer par un canon littéraire du XXe siècle où les auteurices et les textes LGBTQIA+ se comptent à peu près sur les doigts d’une main. Pour identifier des références nouvelles, nous avons entamé un défrichage, sans limite de temps, de genres littéraires ou d’identités. Par exemple, en sondant des biographies ambiguës : une autrice restée célibataire et partie vivre à Paris, un auteur mort jeune en pleine épidémie du VIH/sida… Ces signaux, sur lesquels d’autres ne s’arrêteraient pas, ont ouvert des pistes, venues s’ajouter à des explorations plus systématiques d’ouvrages et de bibliographies, ainsi qu’à des discussions tous azimuts. À l’heure actuelle, nous avons repéré une centaine de titres pertinents (romans, recueils de nouvelles, poésie…).
Lire à l’oblique, c’est aussi apprendre à interpréter des dispositifs narratifs et des codes. Le violet évocateur, présent chez Crisinel, se retrouve ici et là. Les diverses litotes et périphrases (par exemple, « les amitiés particulières ») expriment ce qui ne peut être dit ouvertement. Et certains silences soulignent bien la particularité d’un regard… Parfois, c’est toute une histoire qui, quoique hétéro sur le papier, se révèle riche de sens à qui sait la lire. Rappelons qu’à certaines époques, le déguisement est la meilleure solution pour publier. Se dispenser d’un tel angle d’analyse appauvrit la lecture d’une œuvre.
Ces considérations invitent à un déplacement. Il ne s’agit plus des pratiques actuelles, qui ont cours, mais des stratégies passées, pour lesquelles le contexte est déterminant. La méconnaissance de l’histoire sociale LGBTQIA+ est un écueil récurrent. Elle fait oublier la valeur de textes, peut-être mineurs littérairement, mais rares, importants, courageux. Elle brouille les raisons de certains élans de pudeur ou d’actes manqués. Elle efface l’autocensure dont on ne mesurera jamais la portée complète. Publier à ce propos et/ou assumer son identité a longtemps été synonyme d’opprobre, de fichage, de rupture sociale, de prison, de violence… Ne pas prendre en compte cette réalité revient à perpétuer la logique de discrimination, en reprochant aux victimes de l’avoir subie et négociée.
La littérature et son histoire comme remparts
Comme de nombreuses personnes LGBTQIA+, nous avons cherché des représentations queers dans notre jeunesse. Nous en avons manqué, spécialement en littérature. Le sentiment d’isolement est d’autant plus fort chez les jeunes personnes concernées que leur condition n’est pas partagée par leurs proches : au contraire de ce que vivent d’autres minorités, par exemple les personnes racisées qui se transmettent généralement des éléments culturels et/ou identitaires au sein de la famille, chaque individu queer doit, comme il peut, faire l’apprentissage du présent et du passé communautaires.
Dans Cousu pour toi (éd. Scribes/Gallimard, 2023), le romancier vaudois Mathias Howald illustre bien ce besoin d’appartenance, de compréhension de soi par l’autre – autre mais semblable. Le soir, dans l’intimité de sa chambre, le narrateur visionne une collection cachée de VHS, dont un numéro de l’émission Viva consacrée au VIH/sida, tout en redoutant l’irruption de ses parents. Les personnes hétérosexuelles comprendront-elles un jour l’ampleur de notre manque de représentation ?
En 2026, on peut se réjouir : le niveau d’acceptation des personnes LGBTQIA+ a augmenté, des droits ont été obtenus, des librairies ont un rayon dédié, les archives des minorités connaissent un regain d’intérêt, les maisons d’édition rechignent moins à publier sur ces sujets et les récits sont plus positifs – la « malédiction homo » qu’ils présentent s’efface… Elle reste toutefois de rigueur pour une partie de la communauté, en particulier les personnes trans et intersexes.
Pourtant, dans un contexte de montée des nationalismes et du fascisme, où les violences ne régressent pas, il importe de lutter contre l’invisibilisation. Notre recherche veut aller dans ce sens, elle est politique. D’une part, il importe de rappeler que les personnes LGBTQIA+ ont toujours existé et cherché à faire entendre leur voix. D’autre part, la diversification des modèles et des narrations profite à l’ensemble de la société, dans la mesure où la fiction offre un terrain propice à l’empathie, à la cohésion sociale, à la démocratie. Célébrer le passé et documenter nos vies n’est pas un acte de sécession. Au contraire, c’est un projet collectif qui regarde vers le futur.
Notre principal obstacle est souvent le silence ou l’indifférence. On entend dire qu’il n’y aurait plus de lutte à mener ou que celle-ci prendrait trop de place. Une façon pour des esprits chagrins de justifier leur désengagement, peut-être. Loin de baisser les bras, nous avons choisi l’action. Et vous, quel rôle jouerez-vous ?
Ce projet de recherche est porté par Paulette éditrice, seule maison d’édition suisse à avoir créé une collection dédiée aux écrits LGBTQIA+. Il est mené avec le soutien de la Conférence intercantonale de l’instruction publique et de la culture de la Suisse romande et du Tessin (CIIP). Plus d’informations : contact@paulette-editrice.ch.
[1] Cet essai a été conçu et rédigé par Aurore Turbiau, Alex Lachkar, Camille Islert, Manon Berthier et Alexandre Antolin.
[2] Voir par exemple Guy Poitry, « Retours et rencontres : compagnons d’armes ou d’amours » in : Daniel Maggetti et Philippe Kaenel, Gustave Roud. La plume et le regard, Gollion, Infolio, 2025, pp. 157-164, et Valérie Cossy, « L’Angleterre de Catherine Colomb : un site queer pour élaborer la subjectivité d’une romancière romande », in : Sylviane Dupuis, Anne-Frédérique Schläpfer et Jérôme David, Catherine Colomb. Une avant-garde inaperçue, Genève, MētisPresses, 2015, pp. 109-132.
[3] Nathalie Garbely, « Faire entendre la voix d’Ida Erne », in : Autrement que les autres. Une histoire d’amour lesbien des années 1950, Lausanne, Paulette éditrice, 2024, pp. 7-26.
[4] En dépit de la qualification pénale des actes de haine et des discriminations basées sur l’orientation sexuelle, en 2020, puis du mariage pour toutes et tous, en 2021, la Suisse se situe en dessous de la moyenne des pays de l’Union européenne quant aux droits des personnes LGBTQIA+: https://www.ilga-europe.org/report/rainbow-map-2026/ (consulté le 31.07.2026).
[5] Voir par exemple le rapport « La santé des personnes LGBT en Suisse », adopté par le Conseil fédéral le 9 décembre 2022, en réponse au postulat Marti 19.3064.
[6] Lire par exemple la « Prise de position relative au concept de “neutralité” du/de la bibliothécaire » de mars 2025, élaborée par la Commission Éthique professionnelle de Bibliosuisse : https://www.bibliosuisse.ch/Portals/0/2025_04%20Neutralite%20Prise%20de%20position.pdf (consulté le 12.05.2026).
[7] Voir son site Internet : https://biblio.vevey.ch/Default/lgbt.aspx (consulté le 07.05.2026).
[8] Lire notamment Samia Swali, « Accueillir des publics LGBTIQ+ dans les bibliothèques de Suisse romande », mémoire de master, Haute école de gestion, Genève, 2020.
[9] Roger Francillon (dir.), Histoire de la littérature en Suisse romande, nouvelle édition, Carouge-Genève, Zoé, 2015 [1996-1999].
[10] Ibid. p. 1545.
[11] Ibid. p. 1569.
[12] Ibid. p. 832.
[13] Hommage au poète Edmond-Henri Crisinel, 1897-1948, Pays du lac, Cahiers de poésie, Vol. 2, No 2, décembre 1954.
[14] Éric Bulliard, Crisinel. Veiller au seuil du néant, Gollion, Infolio, 2022.
[15] Le conseiller scientifique de la collection pour ce volume est Roger Francillon, qui préside à l’Histoire de la littérature romande dont nous avons déjà relevé les lacunes.
[16] Nous nous référons à l’écrivaine et militante Monique Wittig, qui, en 1982, affirmait justement : « Tout écrivain minoritaire (qui a conscience de l’être) entre dans la littérature à l’oblique si je puis dire. » Voir son avant-note au recueil de Djuna Barnes, La Passion, Paris, Flammarion, 1982.