« C’est du début du voyage que j’écris, et c’est dans le début de l’écriture que je voyage », peut-on lire au commencement du livre. L’écriture et le voyage sont déjà prégnants durant l’enfance de la narratrice en je : à la table de la cuisine elle écrit ses devoirs, ainsi qu’une lettre à sa grand-mère, qui est pourtant assise à côté d’elle. Son amour du théâtre est éveillé par une représentation du « Voyage de Pierre sur la lune », et depuis elle est dans la lune et sur la route, seule ou avec des amis qui se trouvaient déjà dans des livres précédents. Par amour pour les films de Kiarostami, elle se rend en Perse. Comment à Téhéran elle rencontre des artistes, visite le musée du tapis, se rend au cimetière et s’entretient avec un chat, comme Claude Lévi-Strauss dans Tristes tropiques, c’est ce que décrit ce « roman d’un voyage » fascinant, dense mais sans lourdeur. (Ruth Gantert in Viceversa 17. Traduction Claudine Gaetzi)