Dans ce nouveau roman de Peter Stamm, le monde semble avoir sombré dans un profond sommeil – et cet état se déplace du temps de la pandémie à la situation du narrateur en je qui traverse la vie en somnambule, sans prendre aucune décision ni exercer la moindre influence sur ses semblables. Seul, sans enfant, sans travail, cet ancien archiviste tourne son regard vers le passé, sur un premier amour trop hésitant, sur deux relations plus longues qui n’ont débouché sur rien. Est-il possible de sortir du rôle de «celui qui est là», qui se tient en observateur à côté des autres et à côté de lui-même ? Un roman dont l’atmosphère et la densité du ton fascinent, ainsi que ce «bruissement » que souvent l’on perçoit durant la lecture. (Ruth Gantert, traduit par Claudine Gaetzi, dans Viceversa 16)