Il s’agit de contrebande et surtout d’un voyage à vélo où les conditions atmosphériques, les dénivelés et l’effort physique font qu’on se sent assujetti à la nature, tandis que les rencontres nous relient à une humanité bienveillante. Plus exactement, il s’agit de la narration « où tout n’a pas été fait » d’une longue course cycliste, où les mots nous font éprouver l’effort des corps, la diversité des paysages, les aléas de la route, mais aussi parfois la fatigue, voire l’ennui, du voyage. Chaque chapitre commence par une citation philosophique, et l’on pourrait presque regretter que l’auteur ne défende qu’implicitement sa philosophie du voyage, c’est-à-dire par le récit factuel qu’il en fait, et que ses personnages nous apparaissent avant tout comme des corps, mais c’est aussi ce qui constitue le charme singulier de ce deuxième livre, à l’écriture élégante et précise, d’Auguste Cheval. (Claudine Gaetzi dans Viceversa 13, 2019)