"L’histoire doit toucher droit au cœur…" : Giovanni Soldati introduit ainsi sa dernière publication (L’incendio del mare, Fontana, 2020), et cette affirmation pourrait bien avoir une valeur programmatique. La plupart des sept récits de ce nouveau volume ont été écrits pour des concours littéraires et ont déjà été publiés ; ils se caractérisent par la recherche d’une concision stylistique et thématique, ainsi que par les lueurs d’espoir qui scintillent à la fin. Si, d’un point de vue thématique, ils se confrontent aux écueils de la réalité, faits de violence domestique, d’échecs ou de marginalité, le dénouement des intrigues est toujours rassérénant. Ces histoires, qui se déroulent davantage par le biais de la narration que du dialogue, sont en somme des histoires de rédemption, ou de rachat, pour reprendre le titre d’une nouvelle du recueil (« Riscatto »). Les villages, les lacs et les sommets qui en constituent la toile de fond (le recueil s’ouvre et se referme sur un paysage de montagnes) sont rarement nommés mais paraîtront familiers aux habitants de la Suisse italienne. Et c’est précisément sur les rives d’un lac qu’apparaît la « signora commissaria » Adriana Veri, la protagoniste des polars de cet auteur, Il salto della lepre (2016) et Il freddo respiro del lago (2019). (mf, trad. cg)