En explorant les flux, flux migratoires, flux de capitaux, flux d'informations ou flux sanguins, la poétesse et traductrice Marina Skalova livre une remarquable démonstration linguistique. Par associations d'idées et de jeux de mots, elle démontre l'absurdité de notre monde globalisé qui cherche à se préserver, telle une forteresse, contre tout ce qui pourrait le pénétrer depuis la découverte du corps du petit Aylan sur une plage grecque. Mais, comme on n'arrête pas la mer, on risque de mourir exsangue si l'on s'isole. En attendant, «des hommes, des femmes ont continué à se noyer / il n'y a pas plus à dire que ça / cette phrase seulement / elle dit tout le reste». Coup de colère, ce texte bref épouse la fulgurance d'une vague déferlante pour nous renvoyer à notre impuissance comme à nos lâchetés. (Marianne Brun dans Viceversa 13, 2019)